Des délais qui explosent à la CNESST : les compressions pointées du doigt

Des délais qui brisent des vies, selon le Local 791.

Le titre de l’article d’ICI Radio-Canada sur les retards à la CNESST n’est pas exagéré. Il est factuel. Derrière les délais administratifs, il y a des vies qui basculent, des familles qui s’appauvrissent, des travailleurs et des travailleuses qui perdent pied.

Ce que l’article illustre très concrètement, c’est l’effet direct des compressions imposées à la CNESST : des réclamations qui s’empilent, des décisions qui n’arrivent pas, des appels qui tardent, et des gens laissés sans revenu pendant des mois.

  • Des délais trois fois plus longs.
  • Un appel sur trois qui tombe dans les limbes.
  • Des gens qui perdent leur logement.
  • Des faillites. Des risques d’itinérance.

Et ça, on l’avait vu venir.


Des actions concrètes de votre union.

  • Nous avons dénoncé ces compressions avant qu’elles produisent ces conséquences dramatiques.
  • Nous en avons parlé publiquement dans un podcast.
  • Nous avons déposé une résolution à la FTQ-Construction, adoptée à l’unanimité.
  • Nous avons porté cette résolution devant plus de 1 000 congressistes au congrès de la FTQ, une organisation qui représente plus de 600 000 travailleuses et travailleurs.

Le message était clair :

  • Ces compressions sont irresponsables;
  • Elles déstabilisent un système déjà imparfait, mais fonctionnel;
  • Elles doivent être renversées le plus rapidement possible.

Et surtout, rappelons une chose essentielle que le gouvernement semble volontairement ignorer :

La CNESST n’est pas financée par les taxes et impôts des citoyens, elle est financée majoritairement par les cotisations des employeurs

Autrement dit, on ne coupe pas dans la CNESST pour “équilibrer les finances publiques”.


Un choix politique plutôt qu’un choix logique.

On coupe dans la CNESST par choix politique.

C’est une façon de déstabiliser un système qui protégeait — imparfaitement, certes — les travailleurs blessés, accidentés, malades, et leurs familles. Le couperet est tombé sans justification valable, sinon une logique comptable froide, déconnectée de la réalité humaine. On ne choisit pas de se blesser ou de vivre une situation de harcèlement au travail.

Parce que ce qu’on ne dit pas assez, c’est ceci :

  • On ne balance pas un budget sur le dos des accidentés du travail;
  • On ne finance pas l’État en sacrifiant des estropiés, des handicapés du travail et des familles endeuillées.

Les gens qui attendent une décision de la CNESST n’ont pas choisi d’arrêter de travailler.

Ils se sont blessés au travail. Certains y ont laissé leur santé. D’autres y ont laissé leur vie.

Dans l’article, on parle d’une personne qui a perdu son logement faute de revenu pendant l’attente.

Et là, soyons très clairs :

le droit de se loger n’est pas facultatif, ce n’est pas un luxe, ce n’est pas se payer du caviar à l’épicerie.

C’est le strict minimum pour vivre dignement.

En créant des délais déraisonnables, on crée :

  • Des risques d’itinérance
  • De l’endettement
  • De la détresse psychologique
  • De l’insécurité permanente

C’est ça, la réalité derrière le choix politique douteux du gouvernement.

Un gouvernement qui prétend avoir l’intérêt public à cœur ne fait pas payer ses choix budgétaires aux plus vulnérables de la société.

Ce qui se passe actuellement à la CNESST n’est pas une fatalité administrative. C’est une décision politique. Et une mauvaise décision.

Nous continuerons de la dénoncer.

Et nous continuerons d’exiger ce qui est pourtant évident : les besoins d’un réinvestissement massif à la CNESST.

  • Pour respecter les travailleurs,
  • Pour respecter les familles,
  • Et pour respecter la dignité humaine.

Une occasion en or de corriger le tir.

La démission du premier ministre crée un moment politique clair et une occasion réelle de rectifier le tir. Elle donne au gouvernement et au caucus de la Coalition Avenir Québec toute la légitimité nécessaire pour corriger des choix budgétaires qui ont plongé la CNESST dans une crise évitable. Bien que cela ne règle pas les préjugés défavorables aux travailleurs portés par ce gouvernement, renverser ces compressions, au moins sur ce front, serait un geste de responsabilité et un signal clair que l’intérêt public peut encore primer sur les réflexes idéologiques.

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