
Le printemps est derrière nous, le dégel est bien amorcé partout au Québec et les travaux reprennent progressivement sur les chantiers, dans les rues, les projets municipaux, les travaux d’égout, d’aqueduc et les travaux civils.
Avec cette reprise vient une responsabilité fondamentale : savoir ce qui se trouve sous nos pieds avant de creuser.
Le rapport 2025 d’Info-Excavation est clair : 31 % des événements aux infrastructures souterraines sont attribuables à une absence de demande de localisation préalable aux travaux.
Autrement dit : près d’un incident sur trois aurait potentiellement pu être évité par une simple demande de localisation.
Et ce n’est pas anodin.
Des conséquences bien réelles
Quand une infrastructure souterraine est frappée, les conséquences dépassent largement le simple coût de réparation.
Le rapport du CIRANO estime que les coûts socio-économiques indirects liés aux dommages aux infrastructures souterraines au Québec atteignaient environ 38,7 millions de dollars en 2025, malgré une baisse du nombre d’événements recensés.
Ces coûts incluent notamment :
- les interruptions de courant ;
- les évacuations ;
- les interruptions Internet ;
- les fermetures de routes ;
- les pertes économiques ;
- la mobilisation des services d’urgence ;
- les impacts sur les citoyens, commerces et services publics.
Le rapport d’Info-Excavation rappelle également que plus de 6,35 millions de dollars en réparations directes ont été comptabilisés en 2025, sans même inclure les impacts socio-économiques subis par la population.
Mais au-delà des chiffres, il y a une autre réalité :
la sécurité des travailleurs.
Parce qu’un câble électrique souterrain frappé, une conduite de gaz perforée ou une infrastructure mal localisée peuvent rapidement transformer un chantier ordinaire en situation d’urgence majeure.
Le danger est bien réel
Le rapport souligne que :
- 82 % des bris ont causé une interruption de service ;
- 60 % des événements sans demande de localisation impliquaient du gaz naturel, de l’électricité ou des pipelines.
Ce sont précisément les infrastructures où les conséquences peuvent être les plus graves pour les travailleurs et le public.
Explosion. Électrocution. Évacuation. Incendie. Interruption de services essentiels.
Le Code de sécurité pour les travaux de construction est pourtant clair : la présence d’infrastructures souterraines doit être vérifiée avant les travaux. Info-Excavation rappelle d’ailleurs que l’article 3.15.1 du CSTC impose cette vérification préalable.
Les mauvaises pratiques les plus fréquentes
Le rapport 2025 identifie encore une fois les pratiques d’excavation déficientes comme la principale cause des bris recensés au Québec.
Parmi les pratiques problématiques observées :
- absence de mise à découvert ;
- zone tampon non respectée ;
- infrastructures exposées non protégées ;
- mauvaises pratiques de remblayage.
Info-Excavation rappelle aussi qu’avant tout creusage mécanique dans une zone tampon, il est essentiel de procéder à des puits d’exploration afin de localiser visuellement l’infrastructure.
Même les outils à main ne garantissent pas l’absence de danger. Le rapport note d’ailleurs une hausse des bris liés aux excavations manuelles depuis trois ans.
Les travaux civils particulièrement touchés
Les travaux civils — rues, routes, égouts et aqueducs — représentent à eux seuls 60 % des événements déclarés en 2025.
Et parmi ceux-ci, plusieurs travaux étaient entrepris sans demande de localisation valide.
Le rapport souligne même qu’il arrive fréquemment que les sous-traitants présents sur les travaux ne détiennent pas eux-mêmes les demandes de localisation.
C’est pourquoi il est essentiel que chaque intervenant sur un chantier s’assure que les localisations ont bel et bien été demandées et qu’elles sont toujours valides.
Un simple réflexe peut éviter un drame
Avant de creuser :
- demandez votre rapport de localisation à Info-Excavation ;
- assurez-vous que les localisations sont à jour ;
- vérifiez les zones tampons ;
- faites les mises à découvert nécessaires ;
- ne présumez jamais qu’une infrastructure est plus profonde que prévu ;
- assurez-vous que les sous-traitants ont accès aux informations.
Et surtout :
si vous n’avez pas les localisations, ne creusez pas à l’aveugle.
La prévention commence avant le premier coup de pelle.
Au Local 791, nous voulons rappeler à tous nos membres que la production ne doit jamais passer avant la sécurité. Quelques minutes pour vérifier une localisation peuvent éviter des millions de dollars en dommages, des interruptions majeures… et surtout protéger des vies.
