
À l’occasion de la Semaine de sensibilisation à la sécurité des travailleurs routiers, plusieurs rappelleront aux automobilistes de ralentir dans les zones de travaux.
Au Local 791, nous croyons sincèrement que c’est important de le faire.
Mais la sécurité des travailleurs ne commence pas et ne se termine pas avec un panneau orange.
Parler de sécurité, c’est une chose. Agir, c’en est une autre.
Pendant que les campagnes de sensibilisation se succèdent, les travailleurs du pavage continuent d’affronter des semaines de 50 heures, des chaleurs extrêmes et des conditions de travail qui demeurent indignes d’une industrie aussi essentielle que la nôtre.
Dans plusieurs cas, les exigences de pavage en continu imposées sur les chantiers font en sorte que les travailleurs mangent leur repas directement sur la paveuse, sans véritable pause, afin de ne pas interrompre les opérations.
« On dit partout aux travailleurs de faire des pauses régulièrement lorsque la température grimpe, mais on dirait que les travailleurs qui font de l’asphaltage en continu, ça n’est pas pour eux, cette formule-là. Nous sommes discriminés en fonction des travaux que nous exécutons, des contrats que les maîtres d’oeuvre signent avec le Ministère des Transports, sur des mesures essentielles de SST qui sont entrées en force depuis plusieurs décennies. C’est inadmissible et ça doit changer.»
– Francois Perreault, Alliance Asphalte, directeur adjoint du Local 791
Est-ce vraiment la conception que nous avons de la santé et de la sécurité au travail en 2026 ?
Depuis des années, l’Alliance Asphalte et le Local 791 réclament des améliorations concrètes. Car la sécurité ne se limite pas à la vitesse des automobilistes. La sécurité passe aussi par l’organisation du travail, la planification adéquate des travaux, les périodes de repos, les installations disponibles et le respect des hommes et des femmes qui réalisent ces travaux. Nous ne croyons pas nous tromper lorsque nous disons que des travailleurs et travailleuses ne devraient pas paver en continu lorsque le thermomètre de la paveuse indique au-dessus de 50 degrés Celsius.
L’enquête publique sur les décès survenus dans l’industrie de la construction nous rappelle d’ailleurs une réalité incontournable : les tragédies ne sont pas des fatalités. Elles découlent souvent de choix organisationnels et de conditions de travail qui auraient pu être corrigés.
Pour Marc Leclerc, directeur général du Local 791, c’est une question de dignité :
« Nos travailleurs n’ont pas à faire les frais de la mauvaise planification des travaux. Ce que nous continuerons de faire, c’est de revendiquer la dignité de nos travailleurs du pavage, c’est pour nous une responsabilité. La grande chaleur s’en vient, et nous espérons sincèrement que des gens du MTQ iront à la rencontre de nos travailleurs pour comprendre à quel point travailler dans ces conditions est tout simplement inacceptable. »
Les travailleurs routiers n’ont pas besoin d’une autre campagne de sensibilisation. La sécurité des travailleurs routiers ne peut pas être une campagne publicitaire de sept jours. Elle doit être une priorité 365 jours par année.
Ils ont besoin d’actions.
Parce qu’au bout de chaque cône orange, il y a des travailleuses et des travailleurs qui méritent mieux.
Et il est plus que temps d’agir.
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