
Quand votre chantier finit ou que les heures tombent à zéro, chaque semaine de paie compte.
Le gouvernement fédéral a d’abord prolongé certaines mesures temporaires de l’assurance-emploi jusqu’au 11 avril 2026… puis a annoncé récemment une nouvelle prolongation jusqu’au 10 octobre 2026. Disons-le, c’est un pas dans la bonne direction.
Ça veut dire une chose : même Ottawa reconnaît que le régime actuel n’est pas adéquat sans ajustements.
Ce dont on parle ici cependant, ce sont encore de mesures temporaires.
Ce qui reste en place (et qui est maintenant prolongé)
1. Vous êtes payés rapidement
Le délai de carence (1 semaine sans paie) est suspendu.
👉 Normalement : vous attendez une semaine avant le premier chèque, même quand votre demande est déjà active.
👉 Avec la mesure : vous êtes payés dès la première semaine.
Cette mesure s’appliquait jusqu’au 11 avril 2026, et elle est maintenant prolongée jusqu’au 10 octobre 2026.
2. Votre indemnité de départ ne bloque plus VOS prestations
Avant, si vous receviez :
- indemnité de départ
- salaire en lieu de préavis
👉 L’assurance-emploi retardait vos prestations
Maintenant :
👉 Vous pouvez recevoir votre chômage immédiatement, même si vous avez reçu un montant en quittant
Cette règle est aussi prolongée jusqu’au 10 octobre 2026.
3. Jusqu’à 20 semaines de plus… mais pas pour tout le monde
Certains travailleurs peuvent recevoir jusqu’à 20 semaines supplémentaires (maximum 65 semaines).
Mais attention : ça vise seulement les travailleurs de longue date.
👉 Pour être admissible, vous devez notamment :
- avoir peu utilisé le chômage récemment
- avoir cotisé de façon stable pendant plusieurs années
Donc oui, c’est un coup de pouce…
👉 mais pas accessible à tous les travailleurs.
Ce qui a disparu (et que personne ne veut trop rappeler)
Une des mesures les plus importantes n’a pas été prolongée :
👉 L’ajustement du taux de chômage régional qui facilitait l’accès au régime pour nos travailleurs en région.
Avant :
- moins d’heures requises pour se qualifier
- plus de semaines possibles
- prestations plus élevées
Cette mesure a pris fin en octobre 2025.
👉 Résultat :
Aujourd’hui, se qualifier reste difficile pour plusieurs travailleurs, surtout ceux avec des heures irrégulières.
Ce que ça change concrètement pour vous
✔ Vous recevez votre argent plus vite
✔ Vous n’êtes plus pénalisés si vous recevez une indemnité
✔ Certains auront plus de semaines de couverture
❌ Mais :
- Se qualifier reste un problème
- Les règles restent inadaptées au travail par chantier
- Plusieurs travailleurs sont exclus des bonifications
Ce que le gouvernement Fédéral reconnaît… sans le dire
Si Ottawa prolonge les mesures, c’est parce que :
👉 Le régime actuel ne fonctionne pas sans correctifs
👉 Le marché du travail est instable
👉 Les travailleurs ont besoin d’un vrai filet de sécurité
Même le gouvernement parle d’un soutien « essentiel » au revenu.
Alors posons la vraie question :
👉 Pourquoi ce qui est essentiel en crise ne le serait plus après ? Nos membres n’ont pas moins besoin de payer leur loyer qu’avant la guerre tarifaire.
les organismes autonomes de défense des chômeurs, la FTQ et le Local 791 sont d’accord.
On le dit clairement :
👉 Ces mesures sont insuffisantes, inéquitables et surtout, doivent cesser d’être temporaires.
👉 Elles excluent une partie des travailleurs et pénalisent nos régions
👉 Elles ne remplacent pas une réforme nécessaire de l’assurance-emploi.
La position du Local 791
Au Local 791, on le dit sans détour :
👉 Ces mesures devraient être permanentes.
Parce que dans notre industrie :
- Le travail est par projets, par chantier
- Les heures varient, la précarité est présente
- Les périodes sans revenu font partie de la réalité
👉 Pour nous, la précarité du revenu n’est malheureusement pas une exception.
👉 C’est plutôt la norme.
Un régime d’assurance-emploi digne de ce nom devrait :
- Payer rapidement — en tout temps
- Ne pas pénaliser les indemnités autres
- Être accessible à tous les travailleurs
- Refléter la réalité du terrain et les cycles de notre industrie
- Permettre au travailleur de quitter un environnement de travail toxique en préservant son droit
Conclusion
Oui, la prolongation jusqu’au 10 octobre 2026 est une bonne nouvelle.
Mais ce n’est pas une solution.
👉 C’est un pansement.
👉 Sur un système qui a besoin d’être réparé en profondeur, depuis longtemps.
Parce qu’au bout du compte :
L’assurance-emploi, ce n’est pas une faveur.
C’est un droit que les travailleurs financent.
Et aucun opérateur ne devrait avoir à espérer, tous les six mois, que le gouvernement lui donne la permission de payer son épicerie, un plein d’essence et un toit pour se loger avec ses proches, avec l’aide d’un soutien au revenu auquel il cotise à chaque paie.
