ENQUÊTE PUBLIQUE SUR LES DÉCÈS DANS LA CONSTRUCTION : PLACE AUX RECOMMANDATIONS


Après près de sept mois de travaux, de témoignages, d’analyses et de questions parfois difficiles, l’enquête publique du coroner sur les décès dans la construction aborde une étape déterminante : celle des recommandations.

Cette enquête, nous nous sommes battus pour l’obtenir.

Après avoir essuyé plusieurs refus des autorités, la mobilisation commune du Local 791, du Local 717, du Local 9 et de l’AMI, quatre syndicats affiliés à la FTQ-Construction, a finalement porté fruit.

Nous étions convaincus que les décès qui se multiplient sur nos chantiers ne pouvaient plus être traités comme une succession d’accidents isolés. Il fallait examiner les défaillances de notre industrie dans leur ensemble et amener les différents acteurs à rendre des comptes publiquement.

LE 791 AU CENTRE DES DISCUSSIONS

Depuis le début des audiences, le Local 791 a été de toutes les étapes. Notre avocate, Me Julie Boyer, a suivi les dossiers avec une rigueur et une détermination remarquables, multipliant les questions pour obtenir des réponses et mettre en lumière les défaillances qui compromettent la sécurité de nos travailleurs. Nous sommes d’ailleurs le seul syndicat à avoir agi à titre de personne intéressée dans l’ensemble des dossiers à l’étude.

Nous tenons à souligner son travail acharné et son engagement tout au long de cette démarche qui n’est d’ailleurs pas encore terminée.

Au cours des prochaines étapes, plusieurs de nos membres et représentants seront mis à contribution afin de formuler des recommandations de qualité, ancrées dans la réalité des chantiers et capables de contribuer à des changements durables.

Nous ne nous faisons pas d’illusions. Une enquête publique ne règle pas, à elle seule, des problèmes qui persistent depuis des décennies. Mais nous avons maintenant une occasion exceptionnelle de remettre en question des pratiques, des règles et des façons de faire qui ont trop souvent démontré leurs limites.

Et il faudra surtout avoir le courage de parler des responsabilités.

Celles des employeurs qui organisent le travail, déterminent les méthodes et les cadences de production et qui ont l’obligation de protéger leurs travailleurs. Celles des maîtres d’œuvre qui doivent assurer la coordination de la prévention sur les chantiers. Celles de la CNESST, chargée de surveiller l’application des lois et des règlements. Et celles des gouvernements, qui ont la responsabilité de mettre en place un encadrement réglementaire efficace et de donner aux organismes de surveillance les moyens de le faire respecter.

La prévention ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des travailleurs. On ne peut pas continuellement leur demander d’être plus vigilants pendant que des lacunes dans la formation, l’encadrement, l’inspection et l’application de la réglementation continuent de les exposer au danger.

À quoi servent les lois si elles ne sont pas appliquées? À quoi servent les inspections si les manquements persistent? Et à quoi servent les obligations de prévention si personne n’est réellement tenu de rendre des comptes lorsqu’elles ne sont pas respectées?

Il faut cesser de considérer les décès au travail comme le prix inévitable à payer pour construire nos infrastructures. 

Derrière chaque accident mortel, il faut examiner non seulement ce qui s’est produit, mais aussi ce qui aurait dû être fait pour l’empêcher.

Formation professionnelle, encadrement des chantiers, prévention, surveillance réglementaire, responsabilités des employeurs et imputabilité des autorités : il faut maintenant s’attaquer aux causes profondes des accidents, plutôt que de simplement en constater les conséquences.

Nous avons réclamé cette enquête parce que les décès dans la construction ne sont pas une fatalité. Nous y avons participé activement parce que nous croyons qu’il est possible de faire autrement.

Notre responsabilité, maintenant, c’est de proposer des solutions. Mais celle des employeurs et des autorités sera de prendre leurs responsabilités et de les mettre en œuvre. Nous ne nous contenterons pas d’un rapport qui prend la poussière sur une tablette.

Parce qu’au bout du compte, la réussite de cette enquête ne se mesurera pas au nombre de recommandations formulées, mais aux vies qu’elles permettront de sauver.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette enquête :
https://local791.ca/enquete-publique-sur-la-construction-quest-ce-que-ca-change/

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